Jacqueline Bir

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On n’en finit pas de célébrer ici Jacqueline Bir. Simple « Eve » du théâtre en 1964, « Eve d’honneur » en 1992, « pour l’ensemble de sa carrière » . A peine à la moitié ! En 2002 un hommage pour ses 50 ans de carrière, coïncidant avec les 50 ans des « Prix du théâtre ». En 2022, on fête ensemble nos 70 ans De scène pour Jacqueline. D’existence pour ce fragile Prix de la critique, devenu Maeterlinck. Son « Prix Abraté » récompense une « longue carrière ». Bernadette était une de ses grandes amies, présidente de ces Prix, morte en 2002.

De cette volière itinérante, la Compagnie Claude Volter, son époux, cette Oranaise d’origine a presque parcouru tous les théâtres bruxellois pour y imposer son talent multiforme. Deux exemples, en toute subjectivité. Trois femmes d’Albee, avec la regrettée Anne Chappuis, disparue cette année et Valérie Bauchau. Et La servante Zerline de Broch où Philippe Sireuil donne à sa voix dominante une musique plus intériorisée. Sa voix ? En voici quelques inflexions recueillies par Catherine Makereel et Béatrice Delvaux lors d’une reprise de la Servante Zerline.

 

Humour

-On vous appelle « la Bir »…

-Ça me fait rire. J’aurais préféré être la Callas, mais il faut faire avec ses moyens

Amour (en claques)

Claude Volter montait un spectacle où il jouait Louis XIV – déjà ! – et il cherchait une comédienne pour jouer Madame de Montespan. Il m’a abordée dans la rue en me demandant : « Voulez-vous être ma maîtresse ? » Je lui ai envoyé une gifle et puis après… Ce sont de beaux souvenirs. Je cherche toujours la passion.

La mère : drame existentiel.

Mon fils (Philippe) est mort pendant que je jouais « Zerline » en tournée. Les deux événements sont restés imbriqués… Le théâtre m’a sauvée de beaucoup de choses. A fortiori, dans cette circonstance-là. Je m’y suis raccrochée comme à une bouée de sauvetage... Est-ce que vous croyez que je ne pense pas sans arrêt que c’est ma faute si mon fils s’est suicidé ? Bien sûr que j’y pense tout le temps. On ne sait jamais si on a bien fait. Jamais…

Le répertoire ? Tout, vaudeville inclus

J’ai écumé tous les théâtres, ça m’a permis de fréquenter des univers complètement différents, de travailler avec des gens qui faisaient bouger le théâtre. J’ai aussi adoré jouer des pièces de boulevard. Maintenant je n’ai plus l’âge car en général ce sont des histoires de fesses. Je ne serais plus crédible maintenant (rires).

La trace ?

Je sais que je fais le métier de l’éphémère. Je ne fais que passer, comme tout le monde. Qui se souviendra ? Mozart, Schubert, eux ont laissé des traces. Mais nous, acteurs, on vient faire trois petits tours et puis on s’en va.

CJ avec CM et BD