Intérieur

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La scène de théâtre comme un monde de clair-obscurs et de mystère, un espace sacré où l'ordinaire n'est jamais loin du spirituel et où la mort dialogue avec la vie. Pour transposer à la scène un court texte de Maurice Maeterlinck, Héloïse Jadoul s'est plu à laisser parler le silence et l'espace avec l'option radicale de se passer de mots pendant les 50 premières minutes de son spectacle. Quatre personnages dans une maison veillent dans la nuit comme dans un espace mental. Et quand cette maison se disloque, c'est pour laisser la place à la forêt, et à une autre manière de faire résonner l'espace. Le travail des lumières et la physicalité du son participent non seulement à la beauté plastique de la pièce mais aussi à sa narration. Sa scénographie dévoile un dialogue entre intérieur et extérieur, entre les vivants et les morts, le présent et le passé. Des subtiles références picturales aux primitifs flamands, à la peinture symboliste, comme à Edward Hopper se dégage une impression diffuse d'intemporalité qui nous renvoie à notre propre finitude. G.B.

  • Intérieur

De Maurice Maeterlinck, mise en scène d’Héloïse Jadoul.

Scénographie de Bertrand Nodet.

Un spectacle du Théâtre de la Balsamine, en coproduction avec Mars – Mons arts de la scène, maison de la culture de Tournai/maison de création, Coop asbl – Shelter prod.

Création au théâtre de la Balasamine.


 

Mademoiselle Agnès

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Formé à la Cambre, actif depuis une trentaine d'années sur les scènes de Belgique et d'ailleurs, Vincent Lemaire conçoit avec une inébranlable élégance des décors qui répondent aux univers que lui soumettent chorégraphes, metteuses et metteurs en scène, pour l'opéra ou le théâtre. De Fabrice Murgia à Michèle Anne De Mey, de Michel Dezoteux à Thierry Smits, en passant par Philippe Sireuil, dont il est un fidèle comparse. Fin 2021, il retrouvait le metteur en scène autour de Mademoiselle Agnès. Pour cette transposition acerbe et actuelle du Misanthrope par l'autrice allemande Rebekka Kricheldorf, le scénographe a pensé une atmosphère qui cuivre le noir et blanc graphique, un jeu de textures avec pour fil rouge la zébrure de stores qui filtrent les lumières, qui dévoilent ou dissimulent. Accentuant la hauteur que permettent les cintres de la grande salle des Martyrs, la structure se fait écrin contemporain et efficace, tout en droites et courbes, de cette comédie aux angles acérés, ce presque vaudeville où, aux portes qui claquent, se substituent des passages escamotés, des volutes furtives, de surprenantes voies entre ombre et lumière. M.B.

Mademoiselle Agnès De Rebekka Kricheldorf, mise en scène de Philippe Sireuil. Scénographie de Vincent Lemaire. Un spectacle de La Servante en coproduction avec La Coop & Shelter Prod Création au Théâtre des Martyrs.

Marche salope

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Photographe de formation et de profession, Céline Chariot livre dans « Marche Salope » la reconstitution glaçante et fascinante d’un souvenir bouleversant après une amnésie traumatique. N’étant ni comédienne ni danseuse, elle ne dit pas un mot et n’invente aucune gestuelle originale. Toute la force de son spectacle vient du rapport entre les différents éléments de celui-ci : la présence silencieuse de la jeune femme, son regard tourné vers la salle, les voix off des comédiennes qui portent son discours et une série d’objets et d’éléments divers qui vont, petit à petit participer à cette douloureuse plongée dans le passé. « Votre regard est actif. La vue est un toucher…» dit une des voix off. Et c’est vrai que notre regard a de quoi s’activer entre la chaise qu’on démonte pièce par pièce, le lit qui s’installe petit à petit avec, tout autour, ces objets sans importance apparente mais qui aident à reconstituer la réalité d’un fait trop longtemps occulté, les coquilles d’huîtres déposées une à une sur le plateau puis explosées à coups de masse,... Avec l’aide de l’artiste plasticienne Charlotte De Naeyer et des accessoires et costume de Marie-Hélène Balau, c’est une scénographie vivante, parlante, poétique et en constante évolution qui se déploie sous nos yeux, telle une interprète à part entière d’une performance hors du commun. JM.W.

Ecriture et interprétation Celine Chariot, mise en scène Celine Chariot et Jean-Baptiste Szezot

Voix : Anne-Marie Loop, Julie Remacle, Anja Tillberg, création sonore : Maxime Glaude, création Lumière Pierre Clément et Thibaut Beckers. 

Flûte : Line Daenen

Artiste plasticienne : Charlotte De Naeyer, accessoires et costume : Marie-Hélène Balau

Prod. Festival de Liège, avec le soutien : du Collectif Co-legia de Prométhéa, de la Fédération Wallonie Bruxelles, de la Province de Liège, de Shanti Shanti asbl, du Théâtre National Wallonie-Bruxelles, du Théâtre des Doms

 

Créé les 18 et 19 février au Manège du Festival de Liège

Reprise : les 19 et 20 janvier au Centre culturel de Soumagne, les 1er et 2 février au Festival de Liège, le 16 mars au Centre Culturel d’Uccle et en mars 2024 à la Maison de la culture de Tournai