Ce qui arrive

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C’est l’histoire d’une maison, c’est l’histoire de plusieurs générations d’une même famille et même peut-être l’histoire de l’humanité et du temps qui passe. Ce qui pourrait paraître pour un concept abscons se transforme en un spectacle lumineux, poétique et parfaitement chorégraphié, porté par trois comédiens et deux comédiennes en constante métamorphose. Ce qui arrive est l’adaptation par Coline Struyf du roman graphique Ici de l’américain Richard McGuire. Le passage des deux dimensions papier à la scène se fait avec un supplément d’humanité, de tendresse et d’émotions. Toute l’action se déroule dans le salon familial avec des portes qui donnent sur les coulisses et des fenêtres sur l’extérieur. Avec un dispositif extrêmement simple, une date qui s’affiche en voyants lumineux, les époques et les personnages se suivent et se rencontrent dans le désordre dans une fluidité parfaite. Une chanson, un jouet, un élément de mobilier ou un vêtement suffisent pour indiquer l’époque, une attitude pour suggérer l’âge et composer cet émouvant et inventif puzzle du quotidien. Tous ces instants de vie qui construisent une famille, ces moments de joie, de tristesse, de retrouvailles et de disputes se révèlent dans un équilibre poétique et fragile avec le sablier du temps. Ce qui arrive est une super production intimiste sans effets spéciaux où on verra même le sourire d’un dinosaure. G.B

Un spectacle de Mariedl. Coproduction Mars – Mons Arts de la Scène, Théâtre de Liège, Théâtre Varia, Théâtre de Namur, Atelier Théâtre Jean Vilar, La Coop asbl et Shelter Prod. Avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge, de MoDul ASBL. Avec l’aide de la Fédération Wallonie Bruxelles-Service du théâtre.

Création à Mars - Mons Arts de la Scène. G.B.

Final Cut

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« Comment se construire avec un père musulman nié par une mère catholique, dans un contexte colonial » ?

c’est cette question vaste, déchirante et que se pose Myriam Saduis dans le spectacle Final Cut.

La metteuse en scène, coutumière de grands textes (Tchékhov, Arendt, Bergman) se frotte ici comme actrice à sa propre histoire, la regarde de face et nous emmène au coeur de son intimité. Loin de tout règlement de compte, Myriam Saduis suit avec lucidité le fil de sa vie et de la guérison d’une ado traumatisée qui s’en sortira par la culture et la psychanalyse.

Sur scène, un dispositif simple qui s’inscrit dans une structure chronologique avec la présence appuyée du comédien Pierre Verplancken. La musique et la littérature (Duras, « La mouette » de Tchekhov) ne sont jamais loin, comme pour enrichir ce récit poignant et maîtrisé de bout en bout. D.C.

 

Un spectacle du Théâtre Océan Nord. Coproduction Défilé, la Coop asbl. Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles – Service Théâtre (CAPT), de Shelterprod, deTaxshelter.be, ING, Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge.

Création au Théâtre Océan Nord.

Reprise du 5 au 27 juillet 2019 à la Manufacture à Avignon,

Sylvia

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Inspirée du destin de Sylvia Plath, poétesse américaine ballotée dans une époque – les années 50 – injuste envers les femmes, Sylvia compose un tableau humain, une pulsation contagieuse, une épopée féminine pleine de contradictions, tantôt banale tantôt sublime. Grâce à la musique d’abord : les compositions et l’interprétation d’An Pierlé composent un écrin planant, électrique, incandescent comme le feu, destructeur, qui brûlait en Sylvia Plath. « Chante, car les lauriers ne seront pas pour toi, » écrivait Virginia Woolf. An Pierlé en donne un écho bouleversant !

 

Grâce aussi à la mise en scène de Fabrice Murgia qui éclate le personnage de Sylvia en neuf (épatantes) comédiennes. En diffractant ainsi le personnage, la mise en scène souligne le tiraillement permanent de Sylvia, entre son envie d’être une bonne épouse et son désir d’être beaucoup plus. Orchestré comme du papier à musique, le chœur de femmes rend Sylvia universelle. Nous sommes toutes des Sylvia, semblent dire les comédiennes, jouant aussi bien en anglais, en français ou en italien.

 

Cette sororité bouillonnante explose aussi à l’écran, tandis que la caméra de Juliette Van Dormael filme chaque scène de manière organique dans des décors de cinéma qui virevoltent sur le plateau. Tourbillon ébouriffant, la pièce juxtapose mille textures : poèmes, archives sonores, bribes de conversation des comédiennes, chorégraphie. On y triture l’imaginaire, le rapport à la mort, l’écriture, la place des femmes intelligentes dans le monde, le sexisme. On s’y révolte mais surtout, on doute. Et ce sont ces incertitudes – bien plus que tous les blâmes hâtifs de notre époque - qui rendent Sylvia si proches de nous.

Un spectacle de la Cie Artara. Coproduction Théâtre National Wallonie-Bruxelles, Théâtre de Namur, Central – La Louvière, Mars – Mons Arts de la Scène, la Fondation Mons2025 – Biennale 2018-2019, Printemps des Comédiens – Montpellier, Comédie de Saint-Etienne – Centre Dramatique National, Théâtre Jean-Vilar de Vitry-sur-Scène, le Carreau – Scène Nationale de Forbach et de l’Est mosellan, Théâtres en Dracénie – Draguignan, Coop asbl et Shelter Prod. Avec le soutien de taxshelter.be, ING et du tax-shelter du gouvernement fédéral belge, avec le soutien du DIESE # Auvergne – Rhône-Alpes, dispositif d’insertion de L’École de La Comédie de Saint-Étienne.

Création au Théâtre National.

Reprise du 5 au 9 novembre 2019 au Théâtre National, du 17 au 20 mars 2020 au Théâtre royal de Namur. C.M.