string(19) "2018-12-15 05:59:04" object(DateTime)#286 (3) { ["date"]=> string(26) "2018-10-01 23:00:00.000000" ["timezone_type"]=> int(3) ["timezone"]=> string(12) "Europe/Paris" } outTrue Les prix de la critique

Conversation avec un jeune homme

/photos/2013_Conversation_avec_un_jeune_homme.pngBaroque, symbolique et déjantée, voici, au fin fond de la forêt, la Conversation avec un jeune homme entamée par Agnès Limbos. Lorsqu’elle ouvre la bouche, une voix off masculine se fait entendre. Effet comique garanti par cette grande comédienne tragiquement clownesque. Campée et figée dans une robe d’époque, perruquée comme il se doit, elle ouvre un dialogue savoureusement absurde avec la pie. Aussi souple qu’elle est coincée par ses rhumatismes, le jeune Taylor Lecoq aux cheveux blancs se met à danser – avec aisance et en alternance avec Samy Caffonnette – du classique, du jazz ou du hip-hop selon le ton d’une discussion parfois interrompue par le monologue obsessionnel de la vieille dame. De l’aube au crépuscule de la vie, de Bambi à “Singing in the rain”, l’enfant grandit et s’apprête à embrasser la jeunesse qui l’attend. Fantastique, féerique et absurde, cette conversation est née de l’observation des tableaux, des fameuses vanités qui disent l’éphémère du passage sur terre. Dès lors, crânes, pommes, vin ou raisins viennent charger le spectacle de symboles puissants qui parlent aussi à l’inconscient. L.B.

Conversation avec un jeune homme, texte et mise en scène d’Agnès Limbos. Une production de la Compagnie Gare Centrale. Création aux Rencontres théâtre jeune public à Huy. Reprise le 8 février à la Montagne Magique, Bruxelles.

elu

Le voyage intraordinaire

/photos/2013_Cyril_a_velo_tjp.pngMis en scène par Thierry Lefèvre, Le voyage intraordinaire (10 à 13 ans) d’Eric Durnez est d'une sobriété duveteuse. Aucun décor, juste un comédien à l'accent chantant, à la bouille espiègle et chaleureuse, débarquant sur scène à bicyclette, un sac à dos et une mini chaise sur le dos. Tout est dans le jeu, d'une simplicité lumineuse, de Cyril Puertolas, et dans le récit, qu'on arpente comme un sentier magnifique aux détours imprévus. Ce pourrait être un croisement entre le film Into the wild et du Gabriel Garcia Márquez, malicieux et enchanteur : un jeune homme quitte son village pour une destination inconnue. Marcher pour se tenir compagnie et tenir compagnie au monde, telle est sa feuille de route. Il croisera toutes sortes de personnages étonnants, entre le camionneur en route vers la grande ourse et l'aubergiste des jours heureux, pour finalement revenir chez lui, des paquets de liberté plein les poches. Plein d'humour aussi, le comédien joue avec le public, résumant parfois "pour ceux qui seraient endormis". Peine perdue puisqu'on garde les yeux écarquillés jusqu'au bout. Audacieux, ce seul en scène captive les ados, parce qu'il leur parle de liberté justement, d'horizons à franchir, et de ces odyssées dont l'unique but est de trouver soi-même. C.Ma.

Le voyage intraordinaire, créé aux Rencontres de Théâtre Jeune Public à Huy. Coproduction de Une Compagnie et la Cie Kiroul. Reprise le 22 octobre à Arlon et le 23 octobre à Herve.

Macaroni

/photos/2013_Macaroni.pngTendu de bout en bout comme le linge qui pend en Italie et fait ici office de scénographie, "Macaroni !", par le Théâtre des Zygomars, séduit avant tout par son sens de la narration. Vincent Zabus et Pierre Richards ont, en effet, trouvé les mots pour conter la vie de ce mineur italien à travers sa rencontre avec son petit-fils. Spectacle de marionnettes et comédiens interprété par Simon Wauters et Samuel Laurent, dont la voix basse s'accorde à la guitare semi-acoustique, "Macaroni !" touche directement les enfants même s'ils ignorent souvent que des Italiens, les fameux "Macaroni !", sont venus travailler à la mine dans des conditions inhumaines. Ils suivent ici le récit de François, 10 ans au compteur, obligé de passer quelques jours de vacances chez son grand-père, "le vieux chiant", comme il l'appelle, dans une petite maison grise de mineur qui sent le renfermé. Obligé de bêcher ou de nettoyer la porcherie du cochon Mussolini, l'enfant croit vivre un enfer jusqu'à ce que le dialogue s'installe avec son grand-père pour un beau récit de vie. Rythmée et sensible, la mise en scène de Pierre Richards joue, en outre, sur la relation entre la marionnette et son manipulateur. (L.B)

Macaroni ! de et par le Théâtre des Zygomars, d’après un texte de Vincent Zabus et Pierre Richards, mis en scène de Pierre Richards. Créé aux Rencontres théâtre jeune public à Huy en août 2012. Du 10 au 12 octobre à la Maison de la Culture de Tournai; les 15 et 16 octobre à l'Espace Culture de Beauraing; le 24 octobre à Saint-Ghislain ; les 25 et 26 à Thuin, le 13 novembre au Théâtre Royal de Mons ; en janvier 2014 à la Maison de la Culture d'Arlon et à la Vénerie à Boitsfort ; du 19 au 22 janvier au Centre culturel d'Ottignies, etc. Plus d'infos : www.theatredeszygomars.be