Isabelle Pousseur

/photos/Le_songe_d_une_nuit_d_ete.png«Le Songe d’une nuit d’été» d’Isabelle Pousseur est un miracle qui tient sur un fil, tendu avec audace entre Bruxelles et Ouagadougou. C’est aussi l’aboutissement d’un long processus de travail qui trouve ses origines en 2003 au Théâtre Océan Nord avec «Bintou» de Koffi Kwahulé mis en scène par Rosa Gasquet. Cette co-production avec le Burkina Faso a permis  à Isabelle Pousseur, directrice des lieux,  de rencontrer Etienne Minougou,  comédien, metteur en scène et directeur du festival des «Récréatrales». Quelques mois plus tard, l’aventure du «Songe d’un nuit d’été» démarre à Ouagadougou.  Isabelle Pousseur réunit une distribution africaine, où les scènes de groupe sont privilégiées et où, ensemble, ils relisent  le classique shakespearien à la lueur de la culture africaine. A l’invitation de Jean-Louis Colinet, le spectacle finit par débarquer à Bruxelles et se joue  au Théâtre National, où Isabelle Pousseur est artiste associée. Construit sur la logique du rêve, «le songe…»  se donne à voir à la façon d’une mosaïque. Sur scène, pas moins de treize acteurs endossent avec talent et fantaisie les personnages imaginés par Shakespeare. Et le résultat est un pur enchantement. D.C.

Songe d'une nuit d'été, de Shakespeare, mise en scène d'Isabelle Pousseur, Production du Théâtre National. pour «Le songe d'une nuit d'été»

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Myriam Saduis

/photos/La_Nostalgie_de_l_avenir.pngMyriam Saduis, remarquable adaptatrice d’un inédit d’Ingmar Bergman, «Histoire d’âme» (Découverte 2009 des Prix de la Critique), nous propose, cette année, une adaptation de chambre de «La Mouette» de Tchékhov, rebaptisée «La Nostalgie de l’Avenir», avec au centre le thème freudien du rêve. Le texte, enrichi d’ajouts de F. Pessoa et P. Roth, se resserre autour de 6 personnages qui vont à l’essentiel, la valse hésitation de Nina, la jeune actrice, prise entre Kostia, alias Treplev, fils d’Irina et l’amant de celle-ci Boris Trigorine. Avec deux thèmes imbriqués : le drame familial autour du suicide de Kostia et la lutte de deux esthétiques, l’ancienne, incarnée par Irina et Trigorine, et la nouvelle, défendue par Kostia, qui tente, ordinateur et images à l’appui, de trouver des formes contemporaines. Avec une belle partition de Jean Luc Plouvier, qui berce la valse hésitation de Nina et une scénographie abstraite d’Anne Buguet qui place au centre un espace rectangulaire, où dire le texte nouveau de Kostia progressivement dissous. Le ressort dramatique, le suicide de Kostia a lieu au début, ce qui donne à la pièce une allure de flash back sur les contradictions familiales et esthétiques qui ont entraîné ce «burn out». Ajoutez de remarquables acteurs, dont le jeune couple, Aline Mahaux, en Nina et Pierre Verplancken en Kostia, à la fois très physiques et intériorisés. La pièce a fait salle comble à Avignon, au théâtre des Doms, où elle a attiré la foule des déçus de la Mouette emphatique de Nauzychiel, en Cour d’Honneur. Avec un drame dans le drame, un deuil, à quelques jours du départ vers Avignon : la mort, inexpliquée, d’un acteur, François Demoulin, surmontée par une équipe fragilisée mais soudée. C.J.

La Nostalgie de l’Avenir, d’après La Mouette,de Tchékhov, adaptation et mise en scène de Myriam Saduis. Théâtre Océan Nord puis Théâtre des Doms (Avignon).

pour «La nostalgie de l'avenir»

Christophe Sermet

/photos/Mamma_Medea.pngAvec le «Mamma Medea» de Tom Lanoye, le metteur en scène Christophe Sermet a trouvé un texte à la hauteur de ses attentes et de son talent. Cette Médée «flamande», ressuscitée grâce à l’écriture bouillonnante de l’écrivain Tom Lanoye, héritier d’Hugo Claus, est portée avec bonheur sur les planches grâce à une mise en scène vive, féroce et libre. Christophe Sermet, comédien et metteur en scène suisse, qui vit à Bruxelles depuis 19 ans après un passage en Italie, se sent décidément bien avec les auteurs contemporains : Hugo Claus, Tonino Benacquista, Juan Mayorga ou encore Hannokh Levin, pour n’en citer que quelques uns. Cette fois, avec «Mamma Medea» de Tom Lanoye, et sa traduction en français signée Alain van Crugten, Christophe Sermet focalise son spectacle autour du personnage de Médée, incarnée ici par Claire Bodson , sorte de barbare écorchée, sauvage. En face d’elle le metteur en scène, en formidable directeur d’acteurs, fait évoluer toute une série de personnages grandioses, à la fois humains et fragiles. La distribution impeccable et la mise en espace à la fois minutieuse et intelligente font de ce spectacle un des plus remarqués de la saison 2012 du Rideau de Bruxelles, D.C.

Mamma Medea de Tom Lanoye, mise en scène de Christophe Sermet, créé au Rideau de Bruxelles (Kriekelaar). En tournée les 10,11 et 12 octobre à la Comédie de Béthune , les 16,17 et 18 octobre au Théâtre royal de Namur et les 29 et 30 novembre au Next arts festival de Tournai.

pour «Mamma médéa».