LEGS « suite »

/photos/2019-legs-suite-5-michel-boermans.jpeg.png

 

Avec LEGS (suite), Edoxi Gnoula compose une sorte de « psychanalyse » théâtrale mais sans jamais verser dans une dissection nombriliste ou misérabiliste. La comédienne prend au contraire des chemins drôles, tortueux, lumineux pour raconter son histoire d’enfant « bâtarde » - son père refusa de la reconnaître - au destin de son pays, le Burkina Faso, longtemps sous le joug d’un dictateur, Blaise Compaoré, irresponsable vis-à-vis de sa jeunesse.

 

Avec un don inouï pour jongler avec les accents, les postures, les regards, la comédienne passe d’un personnage à l’autre en un simple déhanchement, une paire de lunettes, un dos voûté, une intonation de voix. Les transformations sont à la fois imperceptibles et hallucinantes.

 

Sinueuse, l’écriture se gargarise de détours anecdotiques pour distiller avec pudeur cette autobiographie. Entre le personnage de sa mère, petit bout de femme têtue qui, malgré la lâcheté de ses amants, refusa de se faire avorter et éleva ses cinq enfants à la force de ses maigres bras, et celui de son déserteur de père, qu’Edoxi finira par affronter, une fois devenue adulte, on devine une vie chaotique. La douleur de grandir en se sentant bannie d’une part de ses origines, les fins de semaine difficiles après avoir vendu des légumes dans des sacs qu’elle portait sur sa tête, les sacrifices pour continuer d’exercer une passion, le théâtre, qui nourrit l’esprit mais ne remplit pas les ventres creux. Avec LEGS (suite), c’est ni plus ni moins qu’un petit miracle qui se produit, celui de rendre palpable une destinée vécue à des milliers de kilomètres de nous.

Un spectacle du Théâtre Océan Nord. Coproduction La Coop asbl. Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles - Service du théâtre, Shelterprod, Taxshelter.be, ING, Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge.

Création au Théâtre Océan nord. C.Ma.

Un homme si simple,

/photos/2019-unhommesisimple_apiemme.png

Avec Angelo Bison.Angelo Bison nous y confronte à un personnage guetté par une folie "ordinaire", une dépression aggravée par des pulsions de mort et de vie "déviantes", l’attirance pour la fille de sa compagne, une adolescente de 16 ans qu’il a éduquée en beau-père bienveillant. Les situations sont d’abord traitées avec une distance humoristique. Mais les angoisses croissantes du père adoptif vis-à-vis de ses pulsions pédophiles envahissent progressivement ses confessions menant au "couvent-refuge", l’asile psychiatrique de la Salpêtrière à Paris, puis au suicide. La mise en scène minimaliste de Michel Bernard va à l’essentiel : tout est dit par deux faisceaux de lumière dont les contrastes vont à l’essentiel : un homme partagé intérieurement entre ombre et lumière. Aucun phrasé emphatique, on n’est pas dans le drame mais dans la lutte pour y échapper. Sur scène un écrivain "coupé en deux" décrit avec simplicité le nœud complexe de ses névroses. Angelo Bison, une fois de plus, nous donne à voir ces passages entre le normal et l’anormal et la lutte pour échapper à une folie douce. L’expressivité de son visage, de ses mains, son occupation sensible de l’espace nous rappellent qu’avec son complice Michel Bernard, il sait exprimer intensément des états limites où la mélancolie profonde rode et la démence guette. Du prestigieux philosophe Althusser meurtrier de sa femme dans L’Avenir dure longtemps au modeste écrivain André Baillon, guetté par le suicide, dans Un homme si simple Angelo Bison est le passeur de deux destins. Il explore petits et grands gouffres avec son talent d’acteur inspiré. CJ

Mise en scène et adaptation de Michel Bernard.

 

Avec Angelo Bison.

Un spectacle Unités/ Nomades en partenariat avec le Poème 2.

Création au Poème 2.

Reprise le 10 juillet 2019 au Festival Vacances-Théâtre de Stavelot. Ch.J.

Une vie sur mesure

/photos/2019-une_vie_sur_mesure_gregory_navarra.png

« Maman hachait des herbes sur la planche à découper. Le bruit de la lame faisait tchakatakatakata ». Une vie sur mesure, c’est l’histoire d’une passion dévorante pour la musique et pour un instrument : la batterie. A 17 ans, Adrien Lepage est un garçon isolé et introverti. Au fil de la pièce, ce personnage se livre. Il raconte comment la découverte de la musique lui a permis de s’ouvrir au monde et de le décrypter à grands coups de croches et de doubles-croches. C’est en observant en silence le voisin jouer au basket que l’univers de la percussion s’est ouvert à lui. Le monde s’est alors transformé en un immense terrain de jeu où chaque bruit, même insignifiant, est un son qui trouve une place à l’intérieur d’une partition. Il décrit le bruit des baffes qu’il prend en classe, les battements de son cœur et le sourire de la fille qu’il rencontre au détour d’une répétition. « Un batteur qui marche dans la rue, son corps lui sert de métronome ! Si chaque pas marque un temps équivalent à une noire, la moitié d’un temps suffit pour une croche… ». La pièce de Cédric Chapuis devait se raconter en musique. A vingt ans, Pierre Martin étudie la batterie au Conservatoire de Bruxelles. Une vie sur mesure lui permet de faire ses premiers pas en tant qu’acteur sur un plateau. Accompagné par deux batteries, il entre dans le costume d’un jeune homme qui s’épanouit à son rythme et trouve une place dans la symphonie du monde.

Mise en scène de Stéphane Batlle.

Avec Pierre Martin.

Un spectacle du Théâtre Le Public et de la cie Scènes plurielles. Avec le soutien du tax shelter de l’État fédéral belge via Belga Films Fund et de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Création au Théâtre Le Public.

Reprise les 6 août, 13 et 14 septembre 2019 au Festival Bruxellons ! à Molenbeek et les 7 et 8 août au Royal Festival de Spa. F.C.