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Karim Barras

/photos/2013_Hamletcopy.pngSuisse d’origine, Karim Barras fait ses études à l’INSAS. Il en sort à 20 ans en 1993. Après un court retour au pays, il déboule sur nos scènes dans le Roberto Zucco d’Armel Roussel en 1996. Il ne quittera plus les planches : Les Européens de Howard Baker, Sauvés d’Edward Bond, Pop ?, Si demain vous déplaît, L’Avare de Molière, Strange Fruit, Les trois sœurs, etc. Artiste complet, il signe la mise en scène d’Artefact d’Armel Roussel, participe à des spectacles de danse contemporaine, mais surtout compose la musique de plus d’un spectacle (Si demain vous déplaît, This is not a love song). Meilleur espoir masculin en 1998 aux Prix du théâtre, quinze ans ont passé, un temps de maturation qui nous a offert quelques belles prestations. Cette saison, il est l’ambigu Hamlet, superbement ambivalent, bouffon torturé, d’un pathétique vibrant, furieusement cynique. Il en assume toutes les facettes, toutes les folies, tous les excès, toutes les souffrances. À l’opposé, dans Une lettre à Cassandre, figé dans un quasi-immobilisme impressionnant, simplement par son jeu corporel, sa présence, son regard et sa voix, il incarne un homme ravagé, détruit, épuisé. Karim Barras (avec l’aide de David Strosberg à la mise en scène) nous offre là un superbe moment de théâtre prenant et intense.

Une lettre à Cassandre de Pedro Eiras dans une mise en scène de David Strosberg. Création au Théâtre Les Tanneurs. Une coproduction du Théâtre Les Tanneurs et du Théâtre de la Place (Liège). Reprise au Théâtre de Liège du 20 au 29 mars 2014

Hamlet d'après William Shakespeare dans une mise en scène de Michel Dezoteux. Création au Théâtre Varia. Coproduction du Théâtre Varia, du Théâtre de la Place (Liège) et du manège.mons/ Centres Dramatiques de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Soufian El Boubsi

/photos/2013_Soufian_El_Boubsi.pngOn a souvent vu Soufian El Boubsi dans des spectacles engagés autour du thème de l'exil et de l'immigration. Le triptyque monté avec son père, le conteur Hamadi, où il brûlait les planches, notamment dans Sans ailes et sans racines, en est un exemple. Ces personnages, le comédien formé à l'INSAS les endosse de toute son âme et de tout son corps. Les rôles qu'il a incarnés lors de la saison 2012-2013 ne font pas exception et il y révèle toute la palette de son jeu d'acteur, à la fois fort et touchant. Dans Le mouton et la baleine, il était un jeune amoureux embarqué sur un cargo qui croise au large du détroit de Gibraltar, carrefour de l'Afrique et de l'Europe. Avec Tout ce que je serai au texte intense et provocateur, la metteuse en scène Christine Delmotte a offert à Soufian El Boubsi un rôle d'envergure. Il y interprète Omar, un immigrant à l'identité floue, vendant son corps à des homosexuels pour vivre. Soufian El Boubsi au regard tantôt franc tantôt fuyant, insaisissable, est terriblement juste dans ce rôle délicat. Une performance soufflante. (CdM)

Le mouton et la baleine d’Ahmed Ghazali, mise en scène de Jasmina Douieb. Co-production de la compagnie « Entre Chiens et loups » et l'Atelier 210. Créée au Théâtre Océan Nord. Tout ce que je serai d’Alan Ball, mise en scène de Christine Delmotte. Production de la compagnie Biloxi 48. Créée au théâtre de la Place des Martyrs.

Philippe Vauchel

/photos/2013_Philippe_Vauchel.pngFormé au Conservatoire de Bruxelles (Premier Prix du Conservatoire dans la classe de Pierre Laroche), Philippe Vauchel promène sur nos scènes depuis plus de vingt ans, son regard bleu nuage et son sourire tendre. Roméo et Juliette, Le fil à la patte, Le Bourgeois Gentilhomme, Dreyfus … Jean Claude Grumberg, Dominique Serron, Frédéric Dusenne, Jean-Michel Frère… Un résumé bien succinct pour celui qui se décrit, avec raison, comme un boulimique de théâtre. C’est sur ses propres projets, véritables petits bijoux de finesse et de sensibilité, que Philippe Vauchel est plus présent ses derniers temps sur nos scènes. Sherpa ou La grande vacance sont des spectacles profondément humains et pleins de poésie. Dans Je pense à Yu de Carole Fréchette, sous la direction de Vincent Goethals, dans le rôle de Rémy, cet homme qui essaye de combler ses vides au cœur, Philippe Vauchel excelle à transmettre du regard, des épaules comme des mots les sentiments et les émotions. Le jour de sa remise de diplôme, sa vieille prof de français lui a dit « De grâce ne vous limitez pas à ça, allez jusqu'au bout de vos rêves... ». C’est un souhait qu’égoïstement nous formulons également sachant qu’ainsi nous pourrons encore profiter de quelques beaux moments de théâtre.

Je pense à Yu de Carole Fréchette, mis en scène par Vincent Goethals. Création au Rideau de Bruxelles.