string(19) "2019-06-16 12:35:37" object(DateTime)#286 (3) { ["date"]=> string(26) "2018-10-01 23:00:00.000000" ["timezone_type"]=> int(3) ["timezone"]=> string(12) "Europe/Paris" } outTrue Les prix de la critique
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Les langues paternelles

/photos/Langues_Paternelles.pngAntoine Laubin, membre de la Cie De Facto (en résidence à L'L), fait par ailleurs partie du comité de rédaction d'Alternatives théâtrales. Sa première mise en scène est d'abord le fruit de l'adaptation – qu'il cosigne avec Thomas Depryck – du roman de David Serge (alias Daniel Schneidermann, journaliste français). Ces Langues paternelles, aussi plurielles que les questions qu'elles posent sur la transmission, la filiation, la pesanteur des héritages, le deuil d'une époque ou d'un être, les liens qu'on perpétue ou qu'on dénoue, se diffractent en plusieurs rôles, que se partagent voire s'échangent trois acteurs judicieusement choisis (Hervé Piron, Vincent Sornaga, Renaud Van Camp), impliqués avec justesse et ce qu'il faut de détachement dans le projet. Avec ses tracés de vie physiquement traduits sur la page blanche du plateau et ses échappées évocatrices de l'intimité de chacun, le spectacle se révèle aussi humainement intense qu'abouti théâtralement. Une vraie et forte découverte.MB. D'après le roman de DSerge, mise en scène d'Antoine Loubin, au Jacques Franck et au Théâtre des Doms à Avignon. Reprise prévues le 25 mars 2011 à Ath, le 8 avril à Tournai et à Lille.Photo © Alice Jones.

Pylade

/photos/Pylade.pngL’heureuse découverte de ce spectacle passe d’abord par la découverte d’un nouveau lieu étonnant, installé dans une ancienne fabrique de volets roulants à Anderlecht pour dérouler les envies d’une bande d’acteurs pleins d’idées et d’opiniâtreté. Un lieu que le collectif a baptisé Carthago Delenda Est, hommage à cette formule de Caton l’Ancien pour désigner l’attachement à une idée et l’acharnement à sa réalisation. Une nom qui leur va bien puisque le premier projet, Pylade de Pier Paolo Pasolini, a nécessité pas moins de deux ans d’ateliers et trois ans de répétitions. Une pièce qui se révèle aussi colossal que le vaste hangar dans lequel pénètrent les spectateurs. C’est là, sur un sol brut de béton, face à de monumentales étagères et à la lumière déclinante du jour inondant l’entrepôt, que se jouent les trois heures d’un poème épique, fable politique qui prolonge l’Orestie d’Eschyle. En prise directe avec le spectateur, la mise en scène de Lazare Gousseau évacue tout chichi décoratif pour fabriquer du théâtre à mains nues, une vingtaine de comédiens en habits ordinaires, trimballant une franchise naïve ou fiévreuse, dans une étreinte irrésistible. Découverte : « Pylade » de Pier Paolo Pasolini, mise en scène de Lazare Gousseau (Carthago Delenda Est) Photo © Jef Bonifacino

Terres mortes

/photos/Terres_mortes.pngLoin de la crasse de leur terre paysanne, deux gamins (frère et sœur) fuient le père rustre et cherchent la liberté dans la ville moderne, à la recherche du «sent bon». Mais la ville ne donne rien. Alors peu à peu, ils vont se cloisonner jusqu’à la folie. L’appartement devient ferme, se remplit de terre… Clash de civilisation, choc des exils, violence des origines, comme une déflagration douce amère, dans le langage rude de l’Allemand Franz-Xaver Kroetz, Terres mortes est une aventure intimiste que réussit à porter - mise en scène et interprétation - deux jeunes artistes issus de la Kleine Academie: Léonore Frenois et Alex Lorette. Réunis dans un théâtre de chambre, dans la petite salle de répétition du Théâtre de la Vie, la scène brute, aux fenêtres calfeutrées, ils ont suivi la bonne option d’un naturalisme minimaliste, avec un jeu à fleur de peau. Une belle acuité. On reste ému, jusqu’à longtemps. Une précieuse découverte de la saison. N.A. Terres mortes de Franz-Xaver Kroetz, mise en scène d'Alex Lorette & Léonore Frenois- Atelier Théâtre de la Vie