Grégoire Fasbender

/photos/Fasbender.pngDiplômé en juin 2009 du Conservatoire royal de Mons, Grégoire Fasbender s’est d’abord investi au sein d’une compagnie pour jeunes publics, le Zetetique Théâtre, où son jeu intense est remarqué, notamment dans Le Hibou, mis en scène par Céline Delbecq. On a également pu le découvrir dans La fuite à cheval... de Bernard-Marie Koltès mis en scène par Jérémy Siska à la salle Delvaux dans le cadre du festival T.O.B ou encore dans Sanguine de Caroline Lamarche, création collective à la Bellone en 2009. Repéré au Conservatoire par Dolorès Oscari, qui a repris la direction du Théâtre Poème (rebaptisé Poème 2), elle le choisit pour incarner un rôle d’envergure : le jeune Rimbaud. C’est au début de l’année 2010 qu’il monte sur les planches en duo avec Paul Van Mulder, en Verlaine passionné. Sur scène, l’interprétation profonde de Grégoire Fasbender est pleine de feu et de fougue, les alexandrins prosaïques de William Cliff s’enchaînent comme s’ils étaient siens. Passion, désespoir, amour, violence, tristesse se lisent sur le visage anguleux du jeune comédien dans la peau de l’adolescent de dix-sept ans “aux semelles de vent”. Nul doute que ce Rimbaud-là ressemble au poète maudit. C.P Les Damnés, de William Cliff, mise en scène Dolorès Oscari, Poème 2.
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Nabil Missoumi

/photos/Nabil_Missoumi.pngJeune espoir... Jusqu'à quel âge peut-on être considéré comme "Jeune espoir"? A contrario, après combien d'années de pratique théâtrale ou au-delà de quelle limite d'âge, ne peut-on décemment plus accepter d'être nommé dans cette étrange catégorie? Etrange et pas claire: le jeune (ou plus si jeune) espoir l'est-il (un espoir) pour lui-même ou pour le monde du théâtre qu'il tente de servir au mieux de son talent? Bref... Dans Aux hommes de bonne volonté de Jean-François Caron, Juliot est le regard extérieur. Autour du testament laissé par Jeannot, mort du SIDA à 14 ans, ce qui reste de sa famille essaie de comprendre qui elle est et quelle est sa part de responsabilité dans la mort du jeune garçon. Juliot, lui, a connu le disparu comme aucun des membres de sa famille: il fut le frère, l'amant et a partagé avec lui les mots cru(el)s de la révolte. Nabil Missoumi est Juliot dans la mise en scène de Vincent Goethals. Un rôle qui lui vaut d'être nommé "Jeune Espoir Masculin". Le rôle d'un homme jeune qui s'empare des mots d'un mort pour redonner de l'espoir aux vivants. Cet acteur né au début des années 80 n'a certes pas l'âge du rôle (encore une drôle d'idée, ça) mais nous l'a fait oublier pour faire vibrer avec tripes et talent une parole que l'on serait bien en peine de dater au carbone 14. La poésie n'a pas d'âge, la révolte non plus. E.R. Aux hommes de bonne volonté, Théâtre de Namur, Théâtre Le Public

Renaud Tefnin

/photos/Renaud_Tefnin.pngC’est à l’éclosion d’un tout jeune comédien que nous conviait notamment le spectacle Affabulazione de Pier Paolo Pasolini, mis en scène par Frédéric Dussenne au Rideau de Bruxelles en février 2010. Dans cette tragédie oedipienne inversée (le père y tue le fils), Renaud Tefnin (° 1985) incarnait le fils sacrifié avec une présence et une lumière bouleversantes. Dans un blog qui traîne encore sur la toile, Renaud se présente modestement comme « apprenti-comédien ». Il a aussi joué en 2008 dans Purifiés de Sarah Kane à l’Université Libre de Bruxelles, signe qu’il affectionne les auteurs exigeants. Il vient de conquérir une nouvelle fois les planches de L'Atelier 210 dans le deuxième volet du diptyque pasolinien conçu par Frédéric Dussenne, qui a été son professeur d’art dramatique au Conservatoire royal de Mons. Bête de style est l’ultime œuvre théâtrale du poète italien, inspirée de la figure devenue mythique de Jan Palach, l’étudiant tchécoslovaque qui s’immola par le feu le 16 janvier 1969 en protestation contre l’invasion de son pays par l’armée soviétique.PhT. Affabulazione est une coproduction entre le Rideau de Bruxelles et L’Acteur et l’écrit – Compagnie Frédéric Dussenne.Photo © Emilie Lauwers