Evelien Bosmans

/photos/2014.EvelineBosmans_GuyDelahaye.pngLa saison dernière aurait-elle été l'année d'Evelien Bosmans ? La jeune actrice flamande a en tout cas connu deux belles aventures artistiques. En Flandre, elle est connue maintenant pour avoir incarné la Marina de Rocco Granata dans le film à succès de Stijn Coninx. De ce côté-ci de la frontière linguistique, elle restera comme celle ayant incarné la Juliette Capulet de Shakespeare. Si Yves Beaunesne a donné à sa version de la tragédie romantique par excellence des accents belges (des Montague francophones face à des Capulet néerlandophones), Evelien Bosmans a fait de Juliette une vraie héroïne, avec ses qualités et ses failles. Loin d'être une ingénue, c'est une adulte en construction qu'incarne l'actrice flamande. Cette adolescente sait ce qu'elle veut et s'avère prête à tout pour rejoindre son aimé, même à défier la mort. Le spectateur voit la petite fille grandir devant lui, et c'est bien joli. N. N.

Evelien Bosman dans Roméo et Juliette de Shakespeare, mise en scène d'Yves Beaunesne créé au Théâtre de Liège

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Jessica Fanhan

/photos/2014.JessicaFanhan_AlicePiemme.png« Don Juan Addiction/Elles » c’est, entre autres, le cadeau royal d’une mère à sa fille, d’une actrice jazzy, excellente musicienne, Sylvie Landuyt, à ce diablotin inconnu (de nous) et inoubliable, Jessica Fanhan. Dès la première partie, soubrette et proie désignée d’un Don Juan caricatural, elle explose de présence scénique, donnant à son corps des allures de tango chaloupé. Mais c’est dans « Elle(s) » qu’elle explose littéralement soutenue par la musique un rien mélancolique de Sylvie : elle nous offre un cocktail prodigieux de toutes les femmes potentielles de la soubrette à l’actrice porno (mais pas soumise !) à la femme d’affaires (entre autres): sa manière de vivre les mots au rythme de son corps, de passer d’une facette à l’autre de la féminité est incroyablement intense : une telle générosité, une telle maturité, une telle autorité, si jeune, répandent le bonheur sur scène. Née en Guadeloupe, en 1988, Jessica arrive, «bébé» dans un petit village wallon, et opte pour l’option théâtre dans un établissement de Huy. Savoureux autoportrait, syncopé, jazzy. « J'apprends, je cherche, j'essaie, je découvre. J'apprends, notamment, que l'on dit comédienne pour le théâtre et non pas actrice. My mind is open. En 2008, je rentre à l'INSAS pour en sortir diplômée en 2011. My mind is open. Je fais la rencontre de Christine Delmotte « Je me tiens devant toi nue », Brett Bailey Exhibit B, Milo Rau Hate Radio, Sylvie Landuyt « Don juan addiction/Elle(s) »,... J'aime le théâtre de Krzysztof Warlikowski. J'aime les états de transe dans lesquels me met l'afrobeat… Il m'est difficile d'admettre que l'on détient « la » vérité Tout est possible Pour moi... Un médium : le théâtre, la scène... My mind is open. » C.J.

Jessica Fanhan dans « Don Juan Addiction/Elle(s) » de Sylvie Landuyt. Créé au Rideau de Bruxelles (salle Petit Varia). Repris au Festival au Carré à Mons.

Consolate Siperius

/photos/2014.ConsolateSiperius_SylvieMoris.pngPour cette jeune femme d’origine burundaise débarquée chez nous à l’âge de 6 ans, le théâtre s’est imposé comme une évidence. J’aime m’exprimer, dit-elle, parler aux gens, leur raconter des histoires sur un mode poétique. Après un cycle d’art dramatique à l’Académie, le Conservatoire de Bruxelles lui ouvre ses portes ; elle en sort diplômée en 2012. On a pu la découvrir depuis lors au Poème 2, au Théâtre de Poche et dans la tournée de « Georges Dandin in Africa » (mise en scène de Guy Theunissen). Mais c’est dans « Eclipse totale » (texte et mise en scène de Céline Delbecq) qu’on a vu éclater son talent. La pièce de Céline Delbecq aborde la délicate question du suicide. Une jeune fille vient de se pendre, plongeant sa famille dans la tristesse et le désarroi. Au milieu de ce huis-clos familial tragique, surgit un personnage qui va y insuffler un vent de légèreté et de fraîcheur : le petit frère de la victime. Menue, vive, Consolate Siperius incarne à merveille ce jeune garçon naïf et bouleversant qui tente de comprendre, maladroitement, le geste désespéré de sa sœur. On se réjouit que la metteuse en scène ait eu l’audace de choisir pour ce rôle une comédienne noire, prenant en compte son seul talent et non pas une supposée vraisemblance. D.M.

Eclipse totale, texte et mise en scène de Céline Delbecq. Au Théâtre Les Tanneurs.