Maximilien Delmelle

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Boys Boys Boys est un spectacle de groupe, de potes réunis par Diane Fourdrignier, une femme qui donne la parole aux hommes. Documentaire, la proposition de la metteuse en scène se veut un miroir des masculinités d’aujourd’hui – celles qui ont essuyé l’ère #MeToo, incarnées tour à tour par les jeunes comédiens, tous exceptionnels d’à-propos. Parmi ceux-ci, Maximilien Delmelle. Des divers rôles qu’il endosse, il semble avoir pris un malin plaisir à jeter son dévolu sur les plus audacieux, les plus touchy, un profil d’amateur de porno borderline, pas loin du serial killer ou un Jean-Claude Vandamme de supérette, qui fait ses pompes à une main, effort et gestuelle à l’appui, sans oublier l’accent qui va avec, comme on dit chez nous. L’occasion pour le diplômé du Conservatoire de Bruxelles d’étaler une palette de comédie assez large que pour lui ouvrir de vastes horizons scéniques. À son jeune CV, on compte une participation à l’adaptation théâtrale du Grand Meaulnes d’Alain-Fournier, joué en 2018 à la Comédie Claude Volter. Il a goûté une première fois au cinéma en prenant part au jeune projet Fils de plouc de Lenny et Harpo Guit. Et ça ne devrait pas s’arrêter là ! De la ressource, on vous dit… - N.N.

Jules Puibaraud

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Des caravelles et des batailles, travail de groupe mené par Benoît Piret et Elena Doratiotto, aborde toutes les horreurs du monde, passées et présentes, du massacre des Indiens aux menaces actuelles sur la Nature. Mais le ton est détaché, tout y est évoqué en douceur, sans avoir l’air d’y toucher. Les références à des œuvres denses comme « La Montagne Magique » de Thomas Mann sont bien là mais distillées dans une ambiance quasi festive, sans rien appuyer. Légèreté et profondeur.

Un quatuor de jeunes fort unis et complices habite un lieu énorme dont les murs sont recouverts de fresques imaginaires et cruelles, un massacre d’Indiens victimes des conquérants espagnols. Ils accueillent comme de bons scouts un gentil garçon, Andreas, le futur conteur central de ce récit théâtral avec qui on ira de découverte en découverte, de lieu en lieu, de jeu en jeu. Andreas, l’Iroquois de la bande, le faux/vrai naïf c’est Jules Puibaraud déjà repéré dans l’excellent  J’abandonne une partie de moi que j’adapte de Justine Lequette. Une œuvre caricaturale où il excellait en homme d’affaires cynique. Ici il joue le doux ahuri mais pas dupe, le Cicerone d’une visite guidée dans un pays absurde, souvent drôle, parfois réel, parfois imaginaire. Il excelle, comme ses compagnons à faire la synthèse de ce récit très politique mais pas du tout didactique. Sa scène d’anthologie : une leçon de tir avec un arc, imaginaire d’abord puis réel, un glissement que son talent comique rend irrésistible. Jules Puibaraud fait partie de ces jeunes Français talentueux, hyperdoués, attirés par les écoles belges de théâtre dont l’ESAC de Liège, qui fourmille de collectifs et de jeunes acteurs plus talentueux les uns que les autres. C.J.

Simon Thomas

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L’autrice nous brosse le portrait hilarant d’une famille désorientée par la « déviance » scandaleuse du fils. Face aux délires logorrhéiques des siens (à l’exception du père), le jeune Norman restera totalement muet du début à la fin. Son silence, Simon Thomas le transforme en force tranquille et triomphante. On verra le héros, indifférent aux remous qu’il provoque, danser ou gambader, sourire aux lèvres, béatement heureux dans sa jupe rose et ses sandales fluo ; quand la tension monte à la maison, il se pose  tranquillement sur le côté, attendant que l’orage passe. Pink Boys and old ladies interroge avec humour et intelligence la question du genre, et plus largement celle de la différence, et Simon Thomas contribue à cette réussite. Et l’on se prend à souhaiter que son passage sur scène ne soit pas qu’une aventure éphémère. D.M.