Catherine Magis - Benoît Litt

/photos/2020-CMagis&BLitt_GillesBechet.png

Fondateurs et directeurs de l'Espace Catastrophe, ils sont le mariage de l’eau et du feu, le yin et le yang, l’acrobate des mots et le jongleur des chiffres. Virtuoses de l’impossible, rien ne les arrête, surtout pas l’improbable, et ils remettent, à l’infini, leurs tours de force  sur le tapis. Avec eux, le cirque sera au sommet, ou ne sera pas.Leurs premières chaotiques et passionnantes Pistes de lancement, orchestrées voici près de vingt-cinq ans, les ont directement propulsés en haut de l’affiche. Devenu «Festival Up!», cette biennale internationale du Cirque contemporain leur valut, l’an dernier, le label de «Best International Event». Belle reconnaissance pour leur Espace Catastrophe, centre international des arts du cirque, créé en 1995, et qui depuis ressemble à une ruche qui bourdonne en permanence, en soutien à la création contemporaine.Des projets plein les poches, de soutiens d’artistes en coproductions, de formations aux aides à l’écriture, ils ont aussi travaillé avec le Créahm pour de remarquables Complicités, une expérience inoubliable, dont ils parlent encore, des pépites plein les yeux. Et se sont lancés, cinq ans durant, dans l’édition du magazine «C!rque en CAPITALE»

Avec trente spectacles, venus de tous pays, et cinquante-cinq représentations, pendant une dizaine de jours dans autant de lieux bruxellois, le Festival Up! venait nous sortir de l’hivernage. C’était sans compter avec l’arrivée d’un trapéziste invisible, un monsieur déloyal, venu sonner la fin de la représentation avant qu’elle ait commencé.

Coup de massue, après une autre déconfiture, l’an dernier, suite à l’annulation d’un vaste projet, Cirk, à Koekelberg, sur lequel Catherine Magis et Benoît Litt, œuvraient depuis de longues années.

Mais rien n’abattra les duettistes, qui depuis leurs premières pistes, dans une salle confidentielle, aux Anciennes Glacières de Saint-Gilles, n’ont cessé de se relever, doués d’autant de vies que les chats.

D’un optimisme à tous crins, et d’un enthousiasme contagieux, l’insatiable Catherine Magis n’a pas son pareil pour chauffer les salles. Mais cette boule d’énergie, ancienne acrobate, qui a dû abandonner la piste suite à une fracture de la colonne vertébrale, en 1994, ne travaille jamais sans filet. Le sage et philosophe Benoît Litt, directeur administratif de l’Espace Catastrophe, se tient toujours aux aguets, prêt à la rattraper, à la contenir, à rectifier le cap, à lever la voilure et à analyser la situation. Il veille à tout, sépare le bon grain de l’ivraie. C’est lui qui tient les comptes et la barre pour que l’équipage, qui a osé, avec raison, défier le sort, ne courre jamais à la catastrophe.

L.B.