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Aurélie Borremans - Sébastien Fernandez

/Projet_H.L.A.pngAvec la scénographie du « Projet H.L.A. », le duo accomplit plus qu’un décor, il dessine une puissante métaphore qui nous happe dans cette histoire infernale, celle d’une famille cauchemardesque, toute en empoignades physiques et psychologiques, conduite au meurtre par l’alcool et les désillusions. Ce huis clos étouffant, c’est un gigantesque mur à trois façades qui l’encercle. Un mur sur lequel est projetée une anodine tapisserie, dégoulinant parfois en de curieux ou monstrueux motifs, comme si la pourriture qui gangrène cette famille se propageait aux murs dans d’imprévisibles mutations. Sur le sol, un froid dénuement, encadré de dizaines de bouteilles de vin, à moitié vidées. Inutile de dire que ce vin arrosera copieusement l’orgie de violences, entre viols et inceste, agitant la cellule familiale. Dj Doc CLD, dont on perçoit parfois l’ombre derrière le mur, improvise un set, différent tous les soirs, conférant une distance toute salutaire à cette tragédie ultra réaliste. C.M.

Le Projet H.L.A. de Nicolas Frétel, mise en scène de Georges Lini, créé au Théâtre de Poche.

'Le projet HLA'

Frédérique De Montblanc

/Frédérique_De_Montblanc.pngL'an 2000, selon le fameux calcul, serait celui de ses dix-huit ans. Bac (scientifique, au Lycée français de Bruxelles) en poche, la jeune fille mit le cap sur l'Amérique du Nord: Montréal pour un Bachelor of Fine Arts à la Concordia University, puis Los Angeles pour un Master au California Institute of the Arts – l'un et l'autre axés sur le théâtre. Sa première collaboration scénique concernait les lumières ; décors, costumes, vidéo, dramaturgie visuelle ont suivi. En parallèle, Frédérique de Montblanc a déjà exposé son travail de plasticienne de Prague à Houston et de Los Angeles, à Bruxelles en passant par Beijing. La jeune scénographe a conquis le public bruxellois par l'environnement mis au point pour I would prefer not to de Selma Alaoui (Cie Mariedl), nourri des oeuvres croisées de Melville et Witkiewicz. Entre le XIXe et aujourd'hui, entre les humeurs contrastées de la mélancolie et de l'excitation, le va-et-vient constant est traduit par des éléments modulables, où prédomine le végétal, de l'utopique Eden aux inaltérables fougères en plastique des malls et autres bureaux paysagers pour enfin plonger en images dans un paysage forestier. Un univers qui, empruntant à l'imagerie de la tapisserie, oscille entre le terre-à-terre et l'illusion, évoquant tour la tour la nature domptée et la magnificence fanée. M.B.

I would prefer not to de Selma Alaoui sera repris aux Tanneurs (Bruxelles) et au Théâtre de la Place (Liège) en novembre 2012.

Pour découvrir les univers de l'artiste visuelle : www.frederiquedemontblanc.com

'I would prefer not to'

Chloé De Wolf - Joël Larouche

/Le_non_de_Klara.pngLa scénographie du Non de Klara est tout sauf décorative. Elle intervient activement dans l’élaboration de l’identité des deux personnages incarnés par Anaël Snoek et Isabelle Paternotte. La mise en scène de Patricia Houyoux s’en sert pour rendre palpable l’évolution de leurs rapports et pour asseoir la narration elle-même. Cet exemple de parfaite intégration des décors à la dynamique du spectacle nous vient de deux jeunes architectes, la bruxelloise Chloé De Wolf (27 ans) et le québécois Joël Larouche (30 ans), qui se sont rencontrés en travaillant pour Luc Schuiten en 2006. Répondant depuis 2008 au doux nom collectif de Marvayus, ils cultivent la poésie comme une exigence radicale qu’ils portent au cœur de chacune de leurs entreprises. Outre le spectacle vivant, leurs ambitions touchent à la sculpture, aux installations, à l’art paysager et à l’architecture « comme projet de solidarité ». Leur slogan : « aérer le futur – créer l’espace du changement ». Ph.T.

Le Non de Klara, d’après Soazig Aaron, m.e.s. Patricia Houyoux pour l’Atelier Théâtre Jean Vilar, créé au Festival de Spa 2010. À voir au Théâtre Jean Vilar, du 28 février au 2 mars 2012, puis au Théâtre de la place des Martyrs, du 19 avril au 26 mai 2012.

'Le Non de Klara'